Gynécologie

Au cours des dernières années, la science a reconnu que le microbiote — l’ensemble des microorganismes qui peuplent notre corps — n’est pas seulement une « flore bactérienne », mais un véritable organe métabolique et immunitaire.

La recherche a mis en évidence que les différents écosystèmes microbiens du corps humain ne sont pas des compartiments totalement isolés : il existe entre eux une communication bidirectionnelle. Dans ce contexte, un nombre croissant d’études soutient l’existence d’un lien fonctionnel entre l’intestin et le vagin.

Microbiote intestinal et vaginal : un dialogue silencieux mais essentiel

L’axe intestin-vagin

Le vagin et l’intestin sont des écosystèmes interconnectés, avec les lactobacilles au cœur de la protection vaginale.

Certaines espèces de lactobacilles présentes dans l’intestin peuvent coloniser, ou « approvisionner », le microbiote vaginal grâce à :

  • la proximité anatomique de la zone périnéale ;
  • la migration microbienne naturelle (du rectum vers le vagin) ;
  • le rôle du système immunitaire muqueux et des métabolites intestinaux.

Cette communication bidirectionnelle est appelée « axe intestin-vagin » et constitue la base physiologique de l’utilisation des probiotiques oraux pour la santé génitale.

Pourquoi les lactobacilles sont-ils si importants ?

Dans un microbiote vaginal sain, les lactobacilles représentent la principale « barrière de défense » :

  • ils produisent de l’acide lactique, maintenant un pH vaginal acide (3,5–4,5),
  • ils sécrètent des bactériocines et du peroxyde d’hydrogène à effet antimicrobien,
  • ils inhibent des pathogènes tels que Gardnerella vaginalis, Candida albicans et E. coli,
  • ils modulent la réponse immunitaire muqueuse.

Cependant, tous les lactobacilles ne sont pas équivalents : L. crispatus est souvent associé à un profil vaginal plus « stable ».

Chez la femme en âge de procréer, Lactobacillus est le genre dominant, capable de maintenir un pH acide et de protéger contre les infections. Néanmoins, l’environnement hormonal — et les fluctuations qu’il subit au cours des différentes phases de la vie d’une femme — module constamment sa composition.

Références bibliographiques

Amabebe E and Anumba DOC (2020) Front. Immunol. 11:2184. https://doi.org/10.3389/fimmu.2020.02184 

Bhattacharya A, et al. (2023) BMC Genomics (2023)24:565 https://doi.org/10.1186/s12864-023-09665-y

Choi S-I et al.(2022) Microorganisms 2022, 10, 471. https://doi.org/10.3390/microorganisms10020471

Elkafas H et al. (2022) Front. Cell. Infect. Microbiol. 12:1059825. https://doi.org/10.3389/fcimb.2022.1059825

Hütt P et al. (2016) Microb Ecol Health Dis. 2016 Aug 12;27:30484. https://doi.org/10.3402/mehd.v27.30484

Martínez-Peña MD et al. (2013) BMC Infectious Diseases 2013, 13:189. http://www.biomedcentral.com/1471-2334/13/189

Tachedjian G et al. (2018) Microbiome (2018) 6:29. https://doi.org/10.1186/s40168-018-0418-3

Takada K (2025) Front. Immunol. 16:1547303. https://doi.org/10.3389/fimmu.2025.1547303

Avertissement

« Les contenus présentés sur cette page web sont fournis à titre purement informatif et ne peuvent en aucun cas se substituer à une consultation médicale professionnelle. Les informations fournies visent à donner un aperçu général, mais non à délivrer des réponses médicales personnalisées. Le contenu n’a pas vocation à remplacer la relation médecin-patient ni une visite spécialisée. Il est toujours recommandé de consulter un médecin ou un spécialiste pour toute question ou indication. »